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josephine butler autographe

Josephine BUTLER contre la prostitution en France

JOSEPHINE BUTLER (1828-1906).

 

Lettre manuscrite signée, Liverpool, 24 novembre 1871.

 

3 pages in-4, sur papier à en-tête de la Ladies' National Association for the Repeal of the Contagious Diseases Acts. Bon état général – légères déchirures aux plis, petites taches.

 

-        Lettre importante de l'une des grandes figures du féminisme britannique -

 

Au sortir de la guerre de 1870, Josephine Butler demande l’abolition en France de la « prostitution légale », qu'elle qualifie de « grande plaie sociale », et inscrit ce combat dans le prolongement de l'abolition de l'esclavage.

 

Transcription

 

« Monsieur,

J'ai été souvent consultée par des sérieux penseurs de France qui sont venus me demander le secours de notre association pour abolir à l'étranger cette grande plaie sociale appelée la prostitution légale.

 

Pendant deux ans, nous avons lutté ici contre des lois récemment adoptées par notre législation, en imitation du code français, et nous espérons bientôt, avec l'aide de Dieu, voir nos efforts couronnés de succès. Les personnes les plus influentes de notre gouvernement sont d'avis que ces lois seront révoquées sous peu.

 

En Angleterre et en Écosse, les populations se sont levées en masse contre ces lois impures et injustes, et il n'y a que les protecteurs du vice qui se déclarent partisans du système français et qui veulent faire de la prostitution une nécessité et une partie de l'économie sociale.

 

Nous, les antagonistes de ce système, ne voyons pas que la prostitution soit un mal incurable. Non, nous croyons qu'il y a un remède pour détruire ce fléau, car ce serait blasphémer de soutenir ce que Dieu a défendu est une nécessité.

 

La législation à laquelle nous nous opposons contient en elle-même tous les éléments de la prostitution, en ce qu'elle offre une certaine protection aux hommes et par conséquent augmente et perpétue le vice.

 

En Angleterre, nos classes ouvrières ont ressenti avec une juste indignation l'outrage infligé aux femmes par l'introduction de ces lois, qui sont dans notre pays une violation de nos droits constitutionnels et pour lesquels nos aïeux ont versé leur sang.

 

Au Cap de Bonne-Espérance, les habitants ont refusé de payer les impôts qui servaient au maintien de ces lois tyranniques, et la France, qui est en ce moment accablée sous le fardeau d'une énorme dette de guerre, devrait suivre cet exemple.

 

Tous ceux qui autrefois s'unirent à nous pour l'abolition de l'esclavage dans nos colonies et en Amérique se sont de nouveau alliés à nous dans cette croisade contre la dégradation légale des femmes anglaises.

 

Veuillez, Monsieur, accepter notre coopération et notre sympathie, et veuillez me faire part de vos idées sur ce grave sujet qui ne peut manquer d'intéresser tous les cœurs amis de la justice et de la liberté.

 

Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée. »

 

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